« Le nom “Opale Noire” résonnait bien avec l'idée d’une rive gauche discrète et cosy, avec le musée d’Orsay tout proche, spécialisé dans les œuvres du XIXe siècle, période durant laquelle cette pierre était beaucoup utilisée. Nous en avons tiré une métaphore décorative développée tout au long du projet », confie l’architecte d’intérieur Thomas Fournier Concina qui va dès lors s’attacher à réinterpréter les qualités intrinsèques de la gemme connue pour ses reflets changeants, sa profondeur et son magnétisme. Une pierre foncée, tout sauf bling, qui révèle la lumière à travers ses éclats de couleurs aux nuances ocres. Transposée à ce boutique-hôtel de 30 chambres, l’opale noire, sa profondeur et son magnétisme, se traduit dès l’enveloppe des murs habillés de peinture brun très foncé et aubergine sombre dans les chambres. Des couleurs sombres assumées, qui viennent révéler la lumière et contrastent avec des tonalités jaune paille ou ocre de tentures murales, soieries et tissus italiens. La palette est nocturne, les textures profondes et les détails précieux, l’ensemble composant un luxe silencieux, parisien et onirique.
Déroulant le fil rouge du XIXe siècle, Thomas Fournier Concina n’oublie pas les nombreuses références à l'Orient dans les arts décoratifs de l’époque. Dans les chambres, des tentures murales sont suspendues au-dessus des lits, étoffes italiennes qui réinterprètent des motifs perses et indiens, tandis que la réception et le restaurant sont habillés d’abaca et de soieries Fortuny, manufacture de Venise, carrefour en ce temps du commerce des tissages venus d'Orient et d’Asie. Des soieries que l’on retrouve sur le paravent du lobby, les coussins décoratifs du restaurant jusqu’au dossier des fauteuils et que l’architecte d’intérieur associe à des lampes à l’orientale du créateur François Bazin. Dans cet écrin confidentiel, où passé et présent se répondent pour offrir une expérience géographique sensorielle et singulière, c’est à Léa Zeroil qu’est confié le soin de dessiner le mobilier, des fauteuils et tables du restaurant-boudoir, aux appliques du restaurant, du boudoir, des chambres et des suites, introduisant une patte orientale imperceptible, à la fois intemporelle et raffinée.
Montons dans les chambres. Celles donnant sur sur rue sont travaillées dans des déclinaisons de beige quand celles sur cour, plus sombres, sont traitées dans une ambiance « boîte noire », selon le principe de décoration consistant à jouer une caractéristique à fond plutôt que d'essayer de l’effacer sans y parvenir. Ici, la peinture dark chocolate est le fond idéal pour faire éclater les harmonies de jaunes ocre et d’or que Thomas Fournier Concina décline à l’infini, à l’image de la moquette tissée sur mesure avec une trame à partir de trois bruns différents, d’où ses nuances riches et indéfinissables, comme une étoffe. On note un papier mural dont les motifs d'inspiration extrême-orientale peints à la feuille d'or reflètent là aussi la lumière, mais de manière différente, entre chatoiement d’une étoffe et miroitement de laque. Un jeu de faux semblants sur les matières et la lumière jusqu’aux tables du restaurant, ces petites tables rondes, qui ne sont pas en métal, non, mais en bois et dont le plateau est légèrement vernis pour apporter sa brillance un peu cuivrée, comme les murs. « C'est tout l’esprit de cet hôtel qui, comme l’opale noire ne brille pas, mais se révèle quand on l’observe, dont les détails se dévoilent selon la lumière, références à Orsay, à la fin XIXe, sans jamais être un pastiche. » À l’image de l’ambiance olfactive exclusive créée par Paul Guerlain qui complète cette expérience sensorielle passionnante créée par Thomas Fournier Concina.
L’Opale Noire, 20 rue de Bellechasse, Paris 7e.
lopalenoire.com

















