La villa Leopolda, un palais mystérieux sur la Côte d’Azur
Sur les hauteurs du très convoité domaine niché entre Villefranche-sur-Mer et Beaulieu-sur-mer, la villa Leopolda règne en maître. Monument discret et pourtant mythique, cette demeure d’exception incarne à elle seule l’âge d’or de la Riviera, entre fastes aristocratiques, fortunes cosmopolites et art de vivre provençal. Acquise par le banquier Edmond Safra dans les années 1985, la villa dominant une vallée luxuriante et boisée de pins offre une vue privilégiée sur la mer. Visite privée de cet écrin de luxe aussi mystérieux que mythique, chargé d’histoires et de secrets.
Initialement érigée par le roi Leopold II de Belgique en 1902 pour sa maîtresse, la villa connaît de nombreuses transformations. Réalisée par l’architecte et décorateur d’intérieur américain Ogden Codman Jr, la villa néo-palladienne est un véritable symbole d’élégance intemporelle. Derrière ses façades d’inspiration italienne, l’architecture évoque les palais florentins et s’inscrit dans la tradition des grandes résidences de villégiature qui ont façonné le paysage azuréen. C’est alors derrière un jardin à la pelouse impeccable, que se dresse la demeure aux accents de palais royal. Niché dans un parc verdoyant de 8 hectares, le luxueux palais néo-renaissance de 2700 mètres carrés déploie sa silhouette ocre et ses jardins en cascades face à l’une des plus belles vues de la Méditerranée.
Construite sur les terres ayant appartenu à des rois, puis ayant servi d’hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale, la villa devient le décor de films célèbres dont celui d’Hitchcock « La Main au collet » interprétés par Cary Grant et Grace Kelly en 1955. Belle Époque, la maison ne convient pas au duc et à la duchesse de Windsor qui tentent de louer la villa mais qui souhaitent y apporter des modifications avant de profiter de leur séjour. L’architecte Codman refuse alors de transformer sa demeure selon leur souhait, qu’il estime aller « à l’encontre de son esthétique architecturale ». À la mort de l’architecte américain, la demeure voit défiler quelques propriétaires fortunés, du financier canadien Izaak Walton Killam au président de Fiat Gianni Agnelli, avant d’être acquise par le couple Safra.
Bien que le banquier milliardaire Edmond Safra et son épouse Lily possèdent un appartement-terrasse à Monaco, le couple enrichit son portefeuille immobilier en achetant La Leopolda en 1987. Confiée à l’architecte et designer d’intérieur italien Renzo Mongiardino, la demeure devient l’adresse la plus convoitée de la jet set des années 1980-1990. Les Safra y organisent des fêtes somptueuses et dîners opulents accompagnés par le chef d’orchestre brésilien Sergio Mendes qui fait le voyage depuis la Californie avec son orchestre. L’auteur John Fairchild décrira ces fêtes comme « l’exemple ultime de consommation ostentatoire ». Avec le décès brutal et suspicieux d’Edmond Safra dans son appartement monégasque, la villa Leopolda devient la résidence de sa femme qui y décédera en juillet 2022. Quelques années plus tard, la maison fut finalement acquise par un magnat russe pour la somme vertigineuse de 530 millions de dollars, un record de vente faisant de la maison la plus chère au monde.






